Santé : les étudiants sont en forme

Pxhere
03 juillet 2018
Par Bertrand Loppin
La mutuelle étudiante Smerep vient de publier son baromètre annuel sur la santé des étudiants. Globalement, ça ne va pas si mal, même si les conditions de vie précaires des étudiants ont des conséquences néfastes sur leur santé. Seuls points noirs, le stress et la persistance de conduites à risque en matière de sexualité, d’alcool et d’usage des écrans.

Comme chaque année, la mutuelle étudiante Smerep dresse un état des lieux de la santé des étudiants. Pour cette année, il y a au moins une bonne nouvelle : 84% des personnes interrogées se déclarent en bonne santé. En revanche, la mutuelle constate que le budget des étudiants consacré à la santé est en chute libre. La mutuelle estime à 382€ le budget mensuel à disposition d’un étudiant pour se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner et avoir une vie sociale, alors que le seuil de pauvreté est fixé par l’Insee à 1 015€. Avec de tels moyens financiers, la part des dépenses uniquement consacrée à la santé est estimée à environ 11€ par mois, autant dire pas grand chose. Forcément, cela n’est pas sans conséquence. Ainsi en cas de problème de santé, 57 % attendent que ça passe et 42 % choisissent l’automédication. Enfin, pour 65 % de ceux qui franchissent la porte d’un médecin, ce sont les parents qui payent.

Autres tendance importante, les étudiants sont toujours tentés d'adopter des comportements à risque, notamment en matière de sexualité. En 2016, l’étude soulignait que seulement 57 % des étudiants utilisaient systématiquement un préservatif lors d’un rapport sexuel. Le chiffre passait à 54 % en 2017 et il diminue encore cette année, à 52 %. Ils ne sont que 35 % à se faire dépister contre le sida et autres maladies sexuellement transmissibles lorsqu’ils changent de partenaire. 

Autre comportement à risque : la consommation d’alcool. 70 % déclarent ressentir les effets d’une consommation excessive, parmi lesquels l’euphorie, mais aussi les nausées, vomissements, trou noir, agressivité, coma éthylique… Pour quelles raisons surconsomment-ils de l’alcool ? C’est une manière de relâcher la pression, décompresser pour 55%, c’est aussi une façon d'être plus à l’aise pour 33 %, ou encore plus simplement pour ressentir le plaisir de l’ivresse pour 21 %. Par ailleurs, 28 % d’entre eux déclarent avoir consommé de la drogue. Le cannabis arrivent en tête (20 %), mais aussi du poppers (7 %), du gaz hilarant (6 %), de l’extasy (3 %), et de la cocaïne (2 %).

L’étude de la Semerp pointe un troisième comportement qui vient perturber la santé des étudiants, l’usage abusif des écrans et notamment de leur smartphone. Ainsi, 20 % y consacrent plus de six heures par jour, 70 % le consultent quelques minutes seulement après le réveil, 40 % se sentent incapables de se passer de leur téléphone pendant une journée. Cet usage excessif a des conséquences sur la santé avec une diminution des capacités de concentration et des troubles du sommeil.

Enfin, à noter, cette année, les étudiants ont toujours tendance à se laisser envahir par le stress. 91 % reconnaissent une période de stress au cours de l’année et particulièrement lors des périodes d’examens. Les choix d’orientation, la recherche de stage et la vie affective sont également des sources de mal-être. 60 % reconnaissent s’être déjà sentis dépassés, submergés par leur quotidien.